C’est en 1967 à Tiznit, province du souss au sud du Maroc, que l’artiste Hassan Idbassaïd voit le jour, il se lance dès son plus jeune âge dans le chant et dans la musique berbère en créant son premier groupe à l’âge de 8 huit, le groupe Laryach. Comme tous les enfants de son âge il fabrique un instrument de musique, avec les moyens du bord, qui sera sa première guitare. Les groupes de musique célèbres à l’époque tels que Usman ou Izenzarn ont été les déclencheurs de formations de groupes chez les jeunes de son âge. Il fait un premier enregistrement avec le groupe Aytmaten à 11 ans.
C’est avec les reprises des chansons des grands précurseurs de la musique berbère tels que Feu Haj Belaid, Ahmed Amentag ou encore Saïd Achtouk, que l’artiste se fait connaître à travers un hommage qu’il leur rend dans ses albums sotis dans les années 90.
Compositeur né, il participe à l’enregistrement d’un album en 1992 pour un des grands de la musique berbère, Amouri M’Bark., avec qui il participe à des tournées dans différents pays d’Europe.
En Mai 2005, il se produit dans des évènements associatifs en France, à l’occasion du Printemps berbère entre autre, en soutien aux associations franco-berbères.
La France lui ouvre ses portes
En janvier 2006 il chante à la Mairie de Paris à l’occasion de Yennayer, le Nouvel an Berbère, célébré par le maire Bertrand Delanoé, en compagnie d’artistes célèbres tels que Idir et Akli D.
Sa carrière prend un tournant décisive en juin 2006 avec l’arrivée de son nouvel album « Chahwa » produit par une maison de disque française. Cet album dévoile l’artiste sous un nouveau jour notamment avec des instruments variés tout en gardant le traditionnel son de ses origines identitaires, des musiciens professionnels issus de tous horizons, de nouveaux sons tournés vers un public diversifié, une ouverture de la musique berbère vers une mondialisation.
A travers ce nouvel album il rend également Hommage au peuple Gnawa avec le titre « Tamaguit » (l’identité) un message pour à la fois rappeler la diversité musicale berbère mais aussi une référence à l’histoire de l’esclavage, sans oublier « Paris » titre inspiré par un poème de l’écrivain Tahar Benjelloun.
Le 30 septembre il est en concert sur la scène du Trabendo au Parc de la Villette à Paris, où il chante en duo avec le chanteur Kabyle Takfarinas, ainsi que deux légendes de la musique Berbère Amouri M’bark et Aziz Chamkh Izenzarn. Il ne tarde pas à se trouver sous les feux de la gloire, et aux micros des médias.
L’artiste médiatisé
Sa première apparition à la télévision française intervient sur la chaîne nationale TF1 en septembre 2005 lors de la diffusion d’une émission consacrée au Concert de la Tolérance à Tunis qui s’est déroulé en juin de la même année et organisé par TF1. Hassan Idbassaid y avait interprété en duo avec l’artiste kabyle Takfarinas le titre « Azul ». Une prestation qui porte l’unité amazighe comme symbole, incarnée par le mot « Azul», mai qui s’inscrit aussi dans l’ouverture et la tolérance, thème du concert.
De nouveaux sous les feux de la rampe sur la chaîne nationale France 2 le 17 octobre 2006 dans l’émission « les Nuits du Ramadan » où il interprète un de ses titres : « Paris », on redécouvre un Hassan Idbassaid aussi à l’aise en chant français qu’en tachelhit. Non seulement fier de son identité, mais surtout s’en fait porteur.
En même temps il se produit du 11 Octobre 2006 au 18 Novembre 2006, presque tous les soirs au Cabaret Sauvage sous le thème « les Folles Nuits Berbères », il est alors entouré d’artistes et musiciens tels que Karim Ziad, Hichem Takaoute, Abdenour Djemaï.
Interviewé sur la chaîne Paris Première dans l’émission « Paris d’ailleurs » consacrée au Maroc en novembre 2006 durant la période même des Folles Nuits Berbères, Hassan avec beaucoup d’humilité et de modestie, met en valeur son identité, via ses prestations au Cabaret Sauvage.
Ces apparitions médiatiques lui valent une notoriété et une reconnaissance auprès d’un large et nouveau public. Le succès de Hassan Idbassaid est dû non seulement à son professionnalisme, mais surtout à un choix d’ouverture sans frontière de la langue et de la musique berbère à travers une innovation technique moderne et à une collaboration avec des musiciens hors pairs. Hassan Idbassaid l’homme et l’artiste demeure fidèle à son identité berbère.
Aïcha El Hassani / Amanar
01 Mars 2007




