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Mohamed Benyahya Outznakht

Biographie

Mohammad ben Yahya Outeznaxt est né vers la fin du XIX éme siècle à Sidi M’hand Oudris, petit village aux environs de Tazenaxt (la capitale historique de la confédération Ait Wawezguit). Son père, Hammou « Outeznaxt », poète renommé, s’était consacré à Dderst, un genre d’Ahwash très apprécié. 

Il tenait à transmettre son savoir en matière de musique, chant et poésie Amazigh à son fils qui, petit à petit perçait leurs mystères et maîtrisait leurs règles. Père et fils étaient inséparables. Survint alors la mort du père et ben yahya, ayant perdu l’idole, perdit aussi le soutien affectif et financier. Mais s’il ne pouvait rien contre la mort qui le frappa dans ce qu’il avait de plus cher, Ben Yahya qui avait baigné depuis sa tendre enfance dans un monde où chant, musique et danse régnaient en maître, ne pouvait rien non plus contre l’appel « génético- poétique », si charmeur et si ensorcelant. La poésie est désormais son destin. Elle sera aussi le destin de sa progéniture (ses fils et filles, ses petits fils sont tous, sans exception aucune, des Rays ! Ils perpétuent une tradition qui, peut être, remonte à plusieurs générations).

Fidèle à la tradition séculaire des rays amazighs, Ben Yahya se rendit à Warzazate auprès de poètes de grande renommée, cherchant ainsi une reconnaissance de ses talents. L’ambitieux jeune poète décida, après, de créer sa propre troupe ! Hélas son jeune âge fut un obstacle car maturité et expérience étaient des atouts essentiels dont tout chef de troupe digne de ce nom devait disposer.

Sa première expérience auprès de Àella Ggw Oulougoum à Tabount était riche en enseignements. D’après Ben Yahya, Ggw Oulougoum était son deuxième Maître. Mais cette admiration et cette reconnaissance étaient perturbées par le caractère dominateur de Ggw Oulougoum qui l’exploitait ainsi que les autres membres de la troupe et se remplissait les poches du fruit de leur sueur. Le divorce ne tarda pas à venir, ce qui arrangea les deux parties.

Devant tant de frustration, Ben Yahya chercha refuge auprès du saint Sidi Dawd à Warzazate. Devant le tombeau, il laissa déferler son amertume et sa peine cherchant soutien et conseil. À vrais dire, il alla chercher « la clef de la parole versifiée » : l’amarg. 

Le poète raconte qu’il avait passé la nuit dans le marabout Sidi Dawd en quête d’une bénédiction. La fatigue, la peur et le souci le firent sombrer dans un sommeil profond qui, pourtant, ne l’empêcha pas de faire un rêve: « J’ai vu un homme barbu, portant des vêtements blancs comme le lait, tenant de sa main droite une lampe drapée d’un mouchoir blanc, et de sa main gauche un plat. Dans le plat il y avait du couscous et un pot de lait caillé. L’homme s’est assis à côté de moi ; il avait passé le mouchoir sur ma poitrine en répétant « Jamais le vent ne rentrera ni par ici ni par là » ! Je me suis réveillé en sursaut, je transpirais, j’avais peur. Je me suis précipité chez le Moqaddem à qui j’ai raconté mon rêve. Celui-ci me réconforta en me disant : « Ta requête est acceptée, ta visite réussie et ton souhait exhaussé ». Ben yahya voulut vérifier si c’était vrai. Il essaya de « forger » quelques vers, mais en vain.Touché par la détresse du jeune rays, le moqadem lui dit : « Sois patient, et ne cueille pas les fruits avant qu’ils ne soient mûrs ».

 la kasbah de Tawrirte, à Warzazate, le rays passa son premier « examen » devant le fameux caïd Hammadi Elmezwari. Les invités étaient des « fqihs », des notables, des caids, des imgharens et bien sûr des rays de renommée, tels que Bluluz (ait Kdif), ÀAlla ggw oulugum (Tabunte), Yusef Belhuwari, et autres. La compétition fut rude, et chaque rays devait montrer « ce qu’il avait dans le ventre » (signalons que nos rays qualifient leur poésie de « eilmu lkerch » !). Quand vint la « tawala » de Ben Yahia, il se trouva face à un publique curieux et impatient, qui se demandait sûrement ce dont était capable ce jeune solo! « J’avais peur, j’avais le trac, j’hésitais entre filer et participer, et c’est à ce moment là que la voix du caïd m’ordonna de m’exécuter sans plus tarder ; alors là je ne sentais ni voyais plus rien. J’ai commencé à chanter, Sidi Rabbi est venu à mon secours ! J’étais comme une « rivière » qui bourdonnait de poésie. De temps en temps, je jetais un regard timide vers le caïd qui me paraissait emporté par mes chants et fasciné par ma voix. ! Il me demanda de chanter encore et encore ! J’ai saisi ma chance et Dieu était ce jour là à mes côtés. Le caïd était tellement émerveillé qu’il m’a donné quatre rials en hasani et un sac de fèves en guise de paye ! ». 

Cet événement consacra Ben yahya rayes sans conteste. Il forma sa troupe, et avec elle, il sillonna le territoire des Imeghrans où il « confronta » les rays Hmad Oumeceou, Moulay Lahsen et Àli Boutili… Ce voyage fut un succès.

Plusieurs années après, il vécut un drame qui marqua sa vie. Son fils aîné Lahsen, meurt subitement après une longue nuit de « nndem » où aucun des deux n’avait ménagé son « adversaire ». Lahsen était très proche de son père et Ben Yahya fut inconsolable. Il crut qu’il avait tué son fils, quitta les siens et erra pendant des mois, refusant de chanter. Son œil droit en paya un lourd tribut. Le poème inspire par ce drame- ou du moins ce qui en reste- commence par ces vers :

Idr uxess n lejdid urta (y) iss ncci yat
Kemmin almut a gigi iruran agharas
Imma dag nit alligh nffegh i tmmara afus
Lmut a igan izm dakwn icttan a yan
Yan urta icci da skwnt mmalan
Ihrra ulili tagwrt sul lmut n yan
Yan uhmum illa g ixfinu cttgent(1) 
Ig i(yyi) lqelb d uzro yakwl fllas.

(1) Fracassée

Quatorze ans avant sa mort et suite à une chute, Ben Yahia se brisa le bassin, et notre poète qui ne vivait que pour sillonner les sentiers et semer joie, bonheur et sagesse, se trouva cloître dans son domicile. Ainsi, le dernier volet de sa vie ne fut que souffrance physique, frustration et amertume que nourrissait un cuisant sentiment d’abandon et d’ingratitude. En l’an 1992, Ben Yahia rendit l’âme dans un silence fracassant.

 

Par Mohamed Khattabi


Lyrics

tarwa n igwilaln! atbir ɣ ngr taccrafin rbbi ad-k issmɣurn

immaɣ baba d immi, umnɣ srun a rbbi
man tinu, ur iyyi tɛḍiṛ nnɛart mani s ad sawalɣ
ini nẓi baba naḥl, iɣ nsawl s immi naḥl

nrajɛa baba mra ira awal ad nniɣ
ad ur iggawr ijhl, ar ismaɣ iwaliwn d tmɣart
inna: nbrra gik! ur-k nssin ula tssnm anɣ!
mra tbiddt ɣ dari tsawlt awal inu
ad ak nssiɣbul ajmil, nfk-ak akal ula aman
ɣik-ad mun d mak, rrɛa ... s ixf

nrajɛa immi, mad trit awal i urgaz nm
tsawl-d ɣd nttat s imi qll n wawal
ittḥnnan zund yan ikṣuḍn yan a imuslmn
mra iri baba-k ad nmun ad ur ittini mqqurɣ
mqqar kullu ḍṛn uxsan inu kad tgga
kad tn iccan d lmadda ɛlah ur issn is sul ur mẓẓiɣ
mani tzri saɛt ns, mani tlkm tins?

dduɣ s ibba sawlɣ srs nniɣ as: ndrɣ-ak
ɣ lḥurma a baba, namẓ-ak lḥuṛum n baba-k
d imma-k ad tṣbṛt, yuda-k ɣ waqqur n tmɣart
mqqar nssmɣur ad ur as ttinit ad-km nssinf
lwaldin gan man ittnɛar d ɣ mani
s ar sawalɣ, a baba yuda-k ɣ wawal n tmyart

nrajɛa-d daɣ imma sawlɣ as nniɣ as:
mra trit ad awnt gɣ arraw mknna tramt
tṣbṛt i baba mad trit a immi lɣyar ns

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