Originaire de la région de Tamanart, Mohamed Budraà a commencé son parcours comme danseur dans une troupe de troubadours, les "Rma n sidi Hmad ou Moussa". De grande taille et de peau foncée, il était plutôt d'un caractère taciturne et parlait peu. Sa poèsie par contre est abondante. Il maitrisait plusieurs instruments dont le ribab, lutar et "talàuwadt", la flûte traditionnelle des Ihahanes appelée aussi "taghanimt".
C'est le doyen des rways Lhaj Belaid qui lui apprit les notions de l'amarg. Il intègre sa troupe et l'accompagne plusieurs années durant. Il s'en sépare plus tard pour enregistrer ses propres chansons. Il enregistre dans la foulée une joute célèbre l'ayant opposée avec son ancien maitre Lhaj Belaid. Budraà étant noir, Lhaj Belaid le traite dans celle-ci d'emblée de ismg (esclave): "ismg iàSan i sidis mad-t iTTln i ssuq?". Budraà réplique en se comparant à Boutoub, une sorte de datte noire très prisée: "mqqar iDla butub aHHram ila tisnt!".
Malgré le peu d'informations que nous avons sur sa vie et son parcours, les quelques enregistrements de ses œuvres qui nous sont parvenus, et dont la plupart peuvent être écoutés sur imurig.net, prouvent si besoin est, que Budraà mérite amplement sa place dans le panthéon de l'amarg amazigh aux cotés de son ami Bubakr Anchad et son maitre Lhaj Belaid.
Budraà a marqué de son empreinte l'amarg chleuh entre 1915 et 1948. Il décède selon des témoignages aux alentours de 1951.
D'après Mohamed Walkach
Amarg Aqbur
