Si en effet le FLN est désormais assuré de recevoir une aide puissante de l'Égypte, de la Tunisie et du Maroc, il n'a plus de dialogue direct avec la France. Les troupes d'intervention seront alors envoyées dans les délais les plus rapides, notamment par hélicoptère. À la suite du départ de Félix Gaillard qui laisse vacant le poste de chef du gouvernement, une grave crise ministérielle s'installe le 15 avril. Proposé sous la présidence de la République de René Coty et le gouvernement dirigé par Charles de Gaulle, le Référendum du 28 septembre 1958 demandait aux Français de ratifier le texte de la nouvelle Constitution qui posait les fondements de la Cinquième République. Près de 25 600 militaires français sont morts et 65 000 blessés. Massu et ses hommes font la loi. Ce comportement non collaboratif est proscrit par la règle dite des trois révocations. Il est fait appel à la 10e division parachutiste. Le FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout. Les troupes interviennent alors avec éventuellement l'appui des blindés et de l'aviation. Le 30 janvier 1956, le général Georges Catroux est nommé Résident Général en Algérie en remplacement de Jacques Soustelle, le départ de ce dernier provoque une forte mobilisation de soutien à Alger : la foule le suit jusqu'au quai d'embarquement et déborde le service d'ordre ; monsieur Soustelle est obligé d'emprunter une échelle volante pour se rendre à bord du bateau le ramenant en métropole[78]. Attention : dernières pièces disponibles ! Peu après, les opérations « Pierres précieuses» (« Rubis », « Saphir», « Turquoise », « Émeraude » et « Topaze ») s'abattent sur la wilaya II, entre le 6 septembre et le 9 novembre 1959, jusqu'en avril 1960; puis une deuxième série d'opérations « Pierres précieuses » revient sur les mêmes régions pendant plusieurs mois, jusqu'en septembre 1960[128]. Finalement, l'accord tourne court et l'OAS poursuivra sa politique de la terre brûlée (sabotage du port d'Oran, incendie de la bibliothèque d'Alger, plastiquages, assassinats, etc.). Dès le 31 mai 1955, une « instruction provisoire sur la surveillance des frontières maritimes » est publiée. Habib Bourguiba adopte une position analogue et, dans le monde arabe, la France est sévèrement jugée. Dès 1966, l'usage de la torture par l'Armée française contre le FLN et les communistes est dénoncé dans le film produit par Yacef Saâdi, membre du FLN (La Bataille d'Alger). L'opinion s'émeut surtout de l'attaque du car Biskra-Arris, dans les Aurès, principal foyer de l'insurrection : deux passagers, le caïd Hadj Sadok, ancien lieutenant de l'armée française, et l'instituteur Guy Monnerot sont abattus. Janv. Ainsi les responsables de l'ALN ont pu obtenir des armes plus performantes en les récupérant d'abord auprès de l'ennemi en organisant des embuscades ainsi qu'en les faisant acheminer clandestinement à travers les frontières : mitrailleuses, mortiers, bazooka, pistolets mitrailleurs, fusils semi-automatiques, fusil militaire simple à recul et une variété de grenades, d'explosifs et de mines. Pendant ce temps à Alger, le général Massu, commandant la 10e division parachutiste de la bataille d'Alger, prend la tête du comité de Salut Public et fait savoir au président René Coty de l'Union républicaine (UR) qu'il attend la formation d'un « gouvernement de Salut Public ». La voix des maires d'Alger est relayée dans la presse locale, c'est la célèbre formule de L'Écho d'Alger : « le maintien du général Catroux signifierait l'effondrement de l'Algérie »[82], ce à quoi le journal socialiste Le Populaire répond que « les pressions des ultras, les démonstrations de force et de violence seront sans efficacité »[83]. La production agricole augmente peu entre 1871 et 1948, contrairement au nombre d'habitants. La mortalité infantile est très élevée en Algérie. Il y aurait eu en septembre 1962 encore 15 000 colons exploitant leurs terres en Algérie, sur un total estimé de 22 000[165]. Après la condamnation de Larbi Ben M'Hidi et après le déroulement du Congrès de La Soummam, le FLN intègre les dirigeants du Mouvement national algérien (MNA). Mitterrand quant à lui, c’est dès novembre 1954 qu’il avait affirmé « l’Algérie est la France », et comme dans la grande majorité des cas similaires qui lui seront soumis, en février 1957 il se prononcera contre la grâce du communiste Iveton, qui sera exécuté. Les hommes surnommeront rapidement ce dispositif la « herse ». Le nombre de torturés n'est pas connu avec certitude mais il devrait concerner des centaines de milliers d'indigènes et des centaines de prisonniers français[206]. Commandos sud-algériens, comptabilisés plus tard dans les effectifs des Harkis. D'après un article de Daniel Lefeuvre dans le hors-série de Guerre & Histoire, Algérie 1954-1962, la dernière guerre des Français, mars 2012, Le dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie: romans, nouvelles, poésie, photos, histoire, essais, récits historiques, témoignages, biographies, mémoires, autobiographies : 1955-1995. Omar Carlier, « Violence(s) », dans Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.). Maximum de 60 000 hommes au début de 1958, dont 10 000 stationnés en Tunisie. De cette « guerre des mémoires »[281] naissent, côté français, en 2005 des polémiques concernant ce que les médias locaux ont appelé, le projet de loi sur « le rôle positif de la colonisation » et le choix de la date du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre. Le 16 juillet 1957, lors de la tenue de la 12e session, le groupe de pays afro-asiatiques présenta de nouveau une demande d'inscription de la question algérienne à l'ordre du jour. L'A.L.N. Des ratissages et des opérations de recherche-destruction sont menés en permanence à l'aide d'hélicoptères. Elle est placée sous le contrôle direct de l'État, conformément à l'ordonnance de 1945 sur le monopole d'État sur les ondes nationales. Les partisans de la commémoration du 19 mars soutiennent la proposition pendant une décennie, comme en atteste le dossier de 2005 portant sur la « journée nationale du souvenir de la guerre d'Algérie »[301]. Dans les années 1950, les surfaces cultivables stagneraient autour de 7 millions d'hectares. Alger est en pleine bataille. L'ALN en profite pour y installer des bases où arrivent les armes achetées à l'étranger. Notre sélection des dernières parutions. », SLNA : Service des liaisons nord-africaines, DST - Direction de surveillance du territoire, GMPR (groupes mobiles de la police rurale), unité supplétive créée en. Mais la violence prend aussi un aspect de guerre civile franco-française. Chiffres du service du ministère des Armées. Les combattants de l'OAS parviennent à fuir dans la soirée. Le général de Gaulle annonce la tenue d'un référendum sur l'autodétermination de l'Algérie. Edgar Morin, Retour sur la guerre d'Algérie, Ed. Cependant, si les citoyens français jouissaient exactement des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes métropolitains, les sujets algériens qui étaient soumis aux mêmes devoirs (ils étaient notamment mobilisables par le contingent), étaient privés d'une partie de leurs droits civiques (ils votaient au Second collège électoral où il fallait neuf de leurs voix pour égaler la voix d'un seul votant du Premier collège). Ainsi, les dispositions communes du Chapitre II De l'indépendance et de la coopération / A) DE L'INDÉPENDANCE DE L'ALGÉRIE / II - Des droits et libertés des personnes et de leurs garanties stipulent que [219]: « Nul ne pourra faire l'objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d'une discrimination quelconque en raison : Des violations des accords d'Évian ont débouché, d'une part, sur des incidents isolés tel le massacre d'Oran (communauté européenne) consécutif à la proclamation d'indépendance le 5 juillet 1962 et, d'autre part, au début des représailles et règlements de comptes contre des Harkis ainsi que ces derniers entre eux (communauté musulmane). Le 3e escadron - Années 57/58 Commentaires : Photos envoyées par Gilbert JEANNEY, sergent appelé (56/1B-56/58) du 3e escadron (MM-CVM 2 citations). Deux années après l'insurrection de la Toussaint 1954, le commandement français s'inquiète de l'activité du FLN dans la région de la Kabylie et décide de monter des commandos qui débusqueraient les maquisards de Krim Belkacem. Leur destin fut un des aspects douloureux de la guerre d'Algérie. L'attention se focalise sur les campagnes, notamment dans les Aurès et la Kabylie. Selon Guy Pervillé, le nombre d'Algériens engagés dans l'un et l'autre camp (partisans de la présence française et FLN) serait du même ordre de grandeur[réf. Récits des témoins et des commentaire de. Initialement pourvus d'armes de chasse[256]. Le but de ces opérations est de terroriser la population indigène francophile et de séparer les deux populations[70]. Sur le plan stratégique, le Pentagone s'inquiétait de voir les moyens de l'OTAN de plus en plus détournés au profit du soutien logistique des armées françaises en Algérie au détriment de l'équilibre des forces en Europe face au bloc de l'est. Le 17 octobre 1961, la manifestation organisée à Paris par le FLN visant à boycotter le couvre-feu nouvellement appliqué, est réprimée par la police. L'OAS est une organisation politico-militaire clandestine française, créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle. À ces effectifs, il faudrait ajouter le personnel de l'Armée de l'air, celui de la marine et celui de la gendarmerie, soit 56 000 hommes à la fin de 1959. Les chefs de l'armée française créent des zones interdites qu'ils vident de leur population. Elle est divisée en trois branches plus ou moins indépendantes, parfois rivales : l'« OAS Madrid », l'« OAS Alger » et l'« OAS Métro ». nécessaire]. Le procès dit « des Barricades » se tient à Paris au mois de novembre 1960. Dans son rapport, le général Duval, maître d'œuvre de la répression, se montra prophétique : « je vous donne la paix pour dix ans, à vous de vous en servir pour réconcilier les deux communautés »[44],[45]. Le CRUA se transformera en Front de libération nationale (FLN). Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN, Ramdane Abane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Le 26 mars 1962, l'OAS lance un appel à la population européenne d'Alger pour forcer le blocus au cours d'une manifestation. 3. Au début de l'année 1962, sous l'impulsion d'André Canal, la Mission III (branche métropolitaine de l'OAS) multiplie les attentats en région parisienne. Qualité FDC. nécessaire]. Les Sections administratives spécialisées (SAS) créées par Jacques Soustelle le 5 septembre 1955 sont dirigées par de jeunes officiers d'active ou de réserve. Mais, dit-il, il faut d'abord mettre fin aux combats. 100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de 400 000 en Algérie. Très vite l’Armée française obtient des résultats, à coup de quadrillage et d’encasernement du quartier, d’infiltrations, d’arrestations, d’interrogatoires en tout genre. Il sera suivi d'un second référendum le 1er juillet 1962, en Algérie. Cette proposition est redéposée par Jean-Pierre Soisson (UMP)[303], Alain Bocquet (Parti communiste français)[304], Jean-Pierre Michel (Radical-citoyen-vert)[305], Alain Néri (Parti Socialiste)[306] et Didier Julia (UMP)[307]. Pauvreté accrue, perte des valeurs, les conséquences humaines, économiques et sociales sont dramatiques pour ces civils coupés de leurs terres. L'Armée de libération nationale (ALN) ne dispose alors que de 500 hommes qui seront, après quelques mois, plus de 15 000 à défier l'autorité française[52]. Le texte des accords d'Évian précise : « Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir »[166]. Le 7 janvier 1957 le général Massu et ses parachutistes, et en particulier à celui qui est Colonel sous ses ordres, Bigeard, entrent dans Alger. Publié par L'Harmattan, 2002. Les gouvernements des 4e et 5e Républiques l'emploient non seulement pour des raisons de sécurité militaire, mais aussi pour préserver le moral et empêcher la constitution d'une opposition organisée à la guerre. Une campagne d'opinion se lance. Le cessez-le-feu peut être conclu dans des conditions honorables pour chacun. Le rappel à Paris en janvier 1960 du général Massu va servir de détonateur à des journées insurrectionnelles appelées « semaine des barricades ». Une proclamation diffusée dans la presse revendique ces actions au nom d'un mystérieux groupe : le FLN, Front de libération nationale. La Fédération de France du FLN est ainsi parvenue à prendre le contrôle de la communauté algérienne établie en France et des importantes collectes de fonds venant de la métropole en éliminant les partisans de Messali Hadj. Grâce au fichier des renseignements généraux, les hommes de Massu établissent des listes de « suspects » en relation avec l'organisation clandestine. Selon la Banque Mondiale, elle s’établit à 46 ans en 1960 pour la moyenne de l'ensemble des populations[22]. Il reste en janvier 1962 3 400 réguliers et 12 000 auxiliaires, disposant de 6 000 armes de guerre et de 5 000 fusils de chasse[246]. La bataille des Frontières qui débute en janvier 1958 et dure jusqu'en mai va porter un coup fatal aux katibas de l'ALN. Après l'indépendance, l'Armée française refuse d'intervenir pour assurer la sécurité de ses supplétifs musulmans, tout comme elle intervient très tardivement le 5 juillet 1962 à Oran pour protéger les Européens[178],[179]. Après le 19 mars 1962, l'OAS utilise en Algérie des méthodes terroristes[155] en organisant aussi des attentats contre les Algériens et Européens qui étaient pour l'indépendance. Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens exigent de la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance. Confortée par plus des quatre cinquièmes des voix, la Constitution fut promulguée le 4 octobre 1958 et la Ve République proclamée le jour suivant. Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Le 13 mai 1958 a lieu aux Champs-Élysées une manifestation en mémoire des trois militaires français faits prisonniers par le FLN qui les a exécutés le 9 mai[188]. Selon le général Maurice Faivre, il y avait trois à quatre fois plus de musulmans en armes du côté français que du côté de l'armée de libération. Les organisations communautaires font preuve d'une extrême modération et refusent de prendre politiquement position, car elles considèrent que ce n'est pas de leur ressort, pourtant - malgré les nombreux attentats - certains embrassent la cause du FLN et d'autres s'engagent dans l'OAS. Cette grève pourrait constituer le début, ou au moins la répétition générale, d'un vaste mouvement insurrectionnel fatal à la cause française. L'Égypte est également active dans le soutien du FLN, où le lieutenant-colonel Nasser qui prône une politique de panarabisme (nassérisme) et qui bénéficie de l'appui soviétique, fournit des armes au FLN. Les groupes d'autodéfense ou GAD : 287 groupes en 1957 ; 2030 groupes en 1960. Depuis 1954, accrochages et embuscades se succèdent dans le bled. Elle est à l'origine de 4 300 morts dont 4 055 morts algériens pour seulement 152 victimes civiles françaises, 16 militaires, 53 policiers et 24 supplétifs musulmans[70],[124],[125]. », in Harbi et Stora, Reconnaissance solennelle de l'indépendance de l'Algérie par la France (. E Barot, Camera Politica. Les meilleures offres pour Guerre d'Algérie - Juillet 1957 - Les parachutistes quadrillent Alger sont sur eBay Comparez les prix et les spécificités des produits neufs et … À l'est, la défense a longtemps reposé sur les groupes d'intervention de l'Armée de terre, mais le développement de l'activité de l'ALN en Tunisie va bientôt imposer la construction d'un barrage similaire. Ils sont nantis des pleins pouvoirs pour mettre fin au terrorisme et « pacifier » le Grand Alger. La solution ne peut être que militaire. Les attentats du mois d'août font 17 morts parmi les policiers, 6 parmi les militaires[70]. Dans l'après-midi qui suit la découverte des cadavres français, « quarante-quatre Algériens sont liquidés sommairement » alors que « la majorité, de l'aveu même des autorités militaires, sont des fuyards qui cherchent à échapper à l'encerclement organisé par les troupes françaises au nord de l'embuscade »[90]. Les clivages culturels enveniment le conflit, une grande partie de la population étant arabophone et supportant mal les exigences des maquisards kabyles. En décembre 1957, le FLN parvient à faire inscrire « la question algérienne » à l'ordre du jour de la commission politique des Nations unies[236],[237]. Par ailleurs, si l'efficacité militaire des « bandes » est devenue à peu près nulle, les capacités d'actions dites « terroristes » demeurent. À partir de 1957, le contrôle est repris dans les grandes villes (« bataille d’Alger »), sur les frontières (1957-1958), puis dans les campagnes, par étapes, jusqu'en Kabylie (1959-1960), grâce à la … Une petite partie radicale d'entre eux, se sentant trahie par le gouvernement français, émigre à l'étranger, en particulier en Espagne, autour d'Alicante[159] (foyer historique de nombreuses familles du département d'Oran) ou en Argentine[160],[161]. En plus des 60 000 harkis (chiffre de 1960), il veut parler des 20 000 moghaznis et des 9 000 hommes des Groupes mobiles de sécurité (GMS), nouveau nom des GMPR (groupes mobiles de protection rurale). » Désormais, la militarisation du FLN est totale : il n'aura aucune existence propre en dehors de l'ALN. À la suite des accords de La Celle-Saint-Cloud, le gouvernement français reconnaît l'indépendance du Maroc le 12 mars 1956, puis, le 20 mars de la même année, celle de la Tunisie (avec ses «dépassements»)[84],[85]. Maquillé par ses responsables en glorieuse mort au combat, cet assassinat inaugure une florissante tradition de meurtres entre dirigeants après l'indépendance[109],[108]. Serge Adour, « En Algérie : de l’utopie au totalitarisme », « France-algérie pour un traitement commun du passé de la guerre d'indépendance », in, « Travailler sur la guerre d'indépendance algérienne : Bilan d'une expérience historienne », in, Tracts publiés par le Bureau psychologique de la, Tracts du FLN : BNF, cote Rés. ». Au bout d'un moment, ils se séparent de nouveau. Les leaders FLN d'Alger et surtout parmi eux, Abane Ramdane, ont pensé, très tôt, à réunir une vaste assemblée de cadres qui permettrait au FLN d'affirmer sa cohésion, de préciser sa doctrine et de définir concrètement ses structures organisationnelles. Résultat : l'ALN perd 3 000 hommes sur le barrage Est et 600 sur le barrage Ouest, les troupes françaises déplorent 146 et 109 tués, Le barrage, ce sont donc aussi ces débris humains et animaux, projetés par l'explosion de mines sur les barbelés[106]. La rupture des relations avec la France est en revanche un coup dur pour les deux parties. « Nous ne pacifierons pas l'Algérie sans les Algériens », écrit-il en 1959. Un vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans. L'armée française fait construire le barrage de la mort, 320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mines terrestres, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Au total, la « guerre urbaine » du FLN se solde par un cuisant échec. Dans la nuit du 6 au 7 janvier, c'est le domicile de Jean-Paul Sartre qui est l'objet d'un plasticage. Les dernières opérations ont fait perdre à la wilaya IV plus de 50 % de son armement et 45 % de ses effectifs. Elle se nommera très peu de temps après son déclenchement « guerre de libération nationale » ou « guerre d'indépendance ». Les photos servent à la description. Ses quatre régiments s'ajoutent aux éléments déjà sur place, notamment la police, la gendarmerie et les fantassins du 9e régiment de zouaves qui surveillent la Casbah. L'opération aéroportée est née durant la Guerre d'Algérie. Des Juifs d'Algérie furent également victimes de l'OAS (en novembre 1961 à Alger : William Lévy, en décembre 1961 : Moïse Choukroun…). En ce qui concerne la seconde, il avait expliqué à Alain Peyrefitte, en mars 1959 : « [...] Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Le CCE (Comité de coordination et d'exécution) s'est agrandi et a décidé de garder le cap sur les objectifs militaires ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport à l'extérieur. La guerre d'Algérie au cinéma : de la "Bataille d'Alger" à "L'Ennemi intime". Face à cette armée d'officiers, dans le meilleur des cas, il n'y avait que six colonels de Armée de libération nationale (ALN) dirigeant les six wilayas et à peine 18 commandants, tous formés sur le tas[253]. En 1960, 85 000 musulmans (appelés, engagés, militaires d'active, appelés FSNA ou Français de souche nord-africaine) servaient dans l'Armée régulière plus environ 150 000 supplétifs (60 000 harkis, 62 000 GAD, 8 600 GMS et 19 000 Mokhaznis) soit au total près de 235 000 musulmans combattant aux côtés des soldats français. Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN. Il y a là un fait aussi clair que l'éclatante lumière du ciel. Après le départ du général Challe en avril, son successeur, le général Crépin, revient encore sur l'Ouarsenis (« Cigale », du 24 juillet au 24 septembre 1960) et sur l'Atlas saharien (opération « Prométhée », d'avril à novembre 1960), mais il porte son principal effort sur la wilaya I : opération « Flammèches » dans les monts du Hodna, du 21 au 31 mai, puis opération «Trident » d'octobre 1960 jusqu'en avril 1961. Le 1er juin 1955 se tient la conférence de Messine préparant le traité de Rome du 25 mars 1957 qui institue la Communauté économique européenne, prélude à l’Union européenne d’aujourd’hui, née le 7 février 1992. Générateur électrique ou la fameuse « Gégène », utilisée comme outil de torture par l'armée française. Ces troupes sont encadrées par un nombre considérable d'officiers : 60 généraux, 600 à 700 colonels et lieutenants-colonels, 1 300 à 1 500 commandants. C'est une fois de trop aux yeux de certains de ses opposants. La presse est indignée par les exactions d'El Halia où 39 Européens ont été égorgés dont dix enfants et trois bébés de moins de deux ans[70]. nécessaire], le ministre de l'Intérieur et le préfet de police décident d'instituer un couvre-feu envers les seuls Algériens. Les saisies ont un impact économique sur la presse étant donné qu'elles ont lieu après l'impression, ce qui multiplie les coûts de production. L’ambiguïté coloniale, Alistair Horne, avertissement de Mendes France février 56 (, « L’insurrection du Constantinois, 20 août 1955, par Claire Mauss-Copeaux », Roger Vétillard, 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois : un tournant dans la guerre d’Algérie ? Les civils représentaient environ 2/3 des effectifs, l'autre tiers étant constitué de militaires, pour la plupart engagés, sous-officiers et officiers. Pour des raisons de propagande mais aussi à cause du double mouvement du reflux à la suite des « pertes nombreuses » et de flux du fait du « recrutement incessant », il serait aléatoire de donner un chiffre précis. 224 sont ensuite jugés, dont 117 acquittés, cinquante-trois condamnés à une peine de prison avec sursis, trente-huit à une peine de prison ferme, trois sont condamnés à mort et fusillés (Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar). Dans un discours du 16 septembre 1959, le général de Gaulle évoque trois options pour l'avenir de l'Algérie (sécession, francisation ou association), ouvrant pour la première fois le droit à l'autodétermination du peuple algérien pouvant conduire à une indépendance. Cependant, l'Alliance Atlantique dont les pays membres soutenaient la position de la France avait poussé le Conseil de sécurité à rejeter la demande. Lors des mois qui suivent l’armée française poursuit sans relâche l’occupation, la traque et les exécutions. « Harki », terme désignant les auxiliaires algériens de l'armée française servant d'éclaireurs, d'interprètes, se déplaçant sans cesse dans le pays ou pour combattre tout simplement aux côtés des soldats français. Ces mots avaient des conséquences pratiques importantes : les insurgés ne pouvaient bénéficier du statut de prisonnier de guerre, et ce n'est que bien après la guerre que les pensions versées aux soldats français ou à leurs veuves furent alignées sur celles versées dans le cas de guerres officielles[276]. À cette fin, ils désirent pouvoir prendre contact avec la wilaya III en Kabylie ; ils demandent en outre qu'on leur facilite le voyage à Tunis, afin qu'ils puissent mettre le GPRA en face de ses responsabilités. Il fut à l'époque le seul officier supérieur français à condamner la torture[233]. La Casbah est divisée en groupes d'immeubles ou « îlots » (d'où « l'ilotage » donné au système). Grandes enquêtes journalistiques publiées entre 1968 et 1971. Le 16 juin 1959, le comité d'orientation des Nations unies a recommandé l'inscription officielle de la question algérienne à l'ordre du jour des travaux de l'assemblée générale et ce en dépit de l'opposition du délégué de la France, M. Hermann Bernard. L'armement a commencé à se développer et à se diversifier au fur et à mesure de l'évolution du combat. La partition de l'Algérie en question (1961), Nouvelle affaire tunisienne (juillet 1961), Cessez-le-feu et référendum en métropole (mars 1962), Blocus de Bab El Oued et fusillade de la rue d'Isly (mars 1962), Reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie (3 juillet 1962), Départ des Pieds-noirs (printemps-été 1962), Guerre vécue par les communautés d'Algérie (1954-1962), Contrôle de l'information par l'État (1954-1962), Camps d'assignation à résidence (1957-1962), Manifestations en soutien de l'armée française en Algérie (1957, 1958), Assassinats et attentats de l'OAS (1961-1962), Affaire de la station de métro Charonne (février 1962), Violence, torture et exécutions capitales, La guerre d'Algérie au niveau international, Aspects militaires de la guerre d'Algérie, Armée de libération nationale (ALN), bras armé du FLN, Les combattants européens d'Algérie dans l'ALN, Divergences de qualification juridique et enjeux politiques, Refus français de la qualification de « guerre », Guerre des mémoires et relations franco-algériennes, Accusations réciproques de « crimes contre l'humanité », Romans et œuvres littéraires sur la guerre d'Algérie, Les villes sont traditionnellement peuplées surtout d'Européens et de Juifs séfarades, « je vous donne la paix pour dix ans, à vous de vous en servir pour réconcilier les deux communautés », « La présence française sera maintenue dans ce pays », « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Le plus grand scandale dû à la censure au cours de cette période est lié au livre La Question qui raconte l'interdiction du journal Alger républicain en Algérie, l'arrestation de son directeur et sa torture par des militaires. L'histoire retient cette déclaration faite au lendemain de son obtention du prix Nobel de Littérature : « J'ai toujours condamné la terreur, je dois aussi condamner un terrorisme qui s'exerce aveuglement dans les rues d'Alger et qui peut un jour frapper ma mère ou ma famille.