Nouvel An Amazigh : Entre célébration et ignorance

Soumis par imurig le 12. janvier 2012 - 22:23

Alors que la majeure partie des marocains oublient son existence, une frange de la population notamment les Imazighens, s’active déjà dans les préparatifs de la célébration de ce nouvel an basé sur un calendrier agraire. Cette année, nous fêtons l'an 2962.

La culture amazighe traditionnelle est pétrie de symboles et de valeurs dérivées essentiellement de la civilisation agraire. « La société amazigh a développé une culture qui célèbre l'unité profonde entre l'homme et la nature », rappelle Ahmed Boukous, recteur de l’Institut Royal de la Culture Amazigh sis à Rabat. Le jour de l’an 2962 correspond à ce Vendredi 13 Janvier 2012 et cette année constitue selon certains historiens, celle de l'accession du grand monarque amazighe Shishong au trône des Pharaons. La célébration de cette journée marque, à en croire Ahmed Boukous une renaissance de l'amazighité depuis la seconde moitié du siècle dernier ainsi qu’une signification identitaire collective.

Célébration collective au Maroc et partout dans le monde

A Rabat, l’Institut Royal de la Culture AMazigh fêtera l’évènement le vendredi 13 janvier à partir de 15 heures à son siège. Au programme selon son recteur Ahmed Boukous, une présentation sur l'historicité et la signification de cet anniversaire, de la musique et des mets traditionnels offerts à l'assistance.

De nombreux citoyens attachés à l'identité amazighe le célèbrent également en famille ou collectivement. Kaoutar, étudiante à Agadir se rendra chez ses parents à Tiznit pour l’occasion et pour déguster des gâteaux et de la « tagoulla », un mets à base de grains de mais ou de blé.

Salima, étudiante en Virginie, aux Etats-Unis est originaire d'Agadir, où elle a vécu jusqu'à l’âge de 15ans. Elle se dit « fière d'être un cocktail amazigh » et s’insurge contre la négligence de l’évènement. « Le diner ce jour là doit être servi tard et se doit d'être copieux, ce qui aux yeux des Imazighens augurera une année abondante », nous explique t-elle. De l’avis de la jeune femme, actuellement dans certaines régions du Maroc, la célébration de Yennayer n'a rien perdu de sa fraicheur ni de son authenticité.

Pour beaucoup d’expatriés marocains, Yennayer est d'abord l'occasion de se rencontrer et fêter la nouvelle année dans un bain culturel amazigh. Des sfenj (beignets), toghrifin (crêpes) ainsi que des fruits secs tels que les figues, amandes, noisettes, dattes entre autres seront également au rendez-vous.

Un nouvel an qui doit être reconnu à l’échelle nationale

Selon Ahmed Boukous « le nouvel an amazigh s'inscrit, par sa signification anthropologique dans la culture nationale ». Le recteur de l’IRCAM trouve « juste et logique qu'il soit partagé par toutes les composantes de la nation marocaine et donc reconnu et fêté à l'échelle nationale ». Salima, pour sa part déclare « avoir perdu tout espoir concernant la reconnaissance comme jour férié du nouvel an Amazigh ».

Source: 
Halima Djigo | yabiladi.com